14/11/2010
Une belle affluence pour la cérémonie du 11 novembre.
Le 11 novembre 1918, l'armistice met fin à la « Grande Guerre » de 1914-1918. Sur le front, le clairon sonne le cessez-le-feu. Quelques heures plus tôt, dans la clairière de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, les Allemands ont signé l'armistice avec le maréchal Foch, commandant en chef des armées alliées. Il aura fallu des années pour inscrire dans la loi l'idée de rendre hommage aux soldats français tués au cours du conflit. Les anciens combattants imposeront peu à peu le 11 novembre comme une fête nationale.
Ce jeudi, à l’occasion du 92e anniversaire de l’armistice, les représentants de l’association des anciens combattants de Pignan-Saussan étaient présents, comme chaque année, aux côtés des élus du conseil municipal, devant le monument aux morts de la place de l’Eglise. Plus d’une centaine de Saussannais, et parmi-eux de nombreux enfants, participait à la célébration.
Après le discours du maire Michel Landier et la communication du message du secrétaire d’état Hubert Falco, les élus du conseil municipal des jeunes (CMJ) ont lu plusieurs lettres témoignant de l’état d’esprit des soldats engagés sur le front. Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied du mémorial et l’assemblée a entonné l’hymne national. Un vin d’honneur offert par la municipalité était servi au centre culturel afin de clore cette cérémonie.
Lire également dans La lanterne d'Alain (colonne de gauche): "La paix des armes".
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Commentaires
La paix des armes
Ce matin, j’étais « d’armistice »…
Profondément révolté par la violence, je n’ai, pourtant, rarement manqué cette cérémonie, pas plus que celle du 8 mai pour laquelle pendant plus de 20 ans, j’ai invité les élèves de mon école à un grand relais de la Paix…
Ce n’est pas beau la guerre et si nos anciens se sont pliés à son horreur c’est parce qu’ils ne voulaient pas mourir, et oui, et parce qu’ils ne voulaient pas que soient asservis les leurs, ceux de leur famille, ceux de leur village, ceux de leur pays…
Mon grand-père, Louis Buton, soldat dans les tranchées de Verdun, résistant en 1943, déporté jusqu’en mai 1945, nous a laissé quelques page de mémoire, voici ce qu’il écrivait notamment :
« Sur les bancs de mon école, j’avais appris à aimer la France. On m’avait dit que la vie était un bien précieux auquel on ne doit pas attenter, que tuer était une lâcheté, un crime qu’il ne fallait pas commettre.
«La vie d’un homme est sacrée, nous devons la respecter » me disait mon bon vieil instituteur. Je m’étais donc engagé dans cette existence avec ces principes acquis en classe.
Je haïssais les querelles et parfois m’interposais en conciliateur dans bien des heurts… en un mot j’étais pacifiste.
Aussi, quel ne fut pas mon émoi lorsqu’éclata la guerre de 1914 ! Quel désarroi et quelle lutte je dus livrer ! J’aimais la paix mais j’aimais la France. Cette dernière attaquée, il fallait la défendre. Comment concilier les deux ?
La deuxième voix l’emporta. Je partis ! Je fis mon devoir ! J’ai combattu, j’ai souffert. J’ai tué pour que vive mon beau pays
Quelle ne fut pas ma joie de pouvoir après la tourmente dès 1919, reprendre la route que je m’étais tracée vers la liberté pacifique. J’ai lutté dans la mesure de mes faibles moyens pour le rapprochement des peuples et la suppression des armées ; je voulais croire, après cette tuerie, que tous les hommes pouvaient être frères… »
De notre devise, j’aime ses illusions que sont la Liberté, l’Egalité, même mises à mal par la réalité, elles valent que l’on se batte pour elles. J’aime encore plus celle de Fraternité, si importante pour mon ancien poilu de grand-père. Elle s’efforce d’exister à travers ces gens de belle volonté, de toutes naissances, de tous engagements pour lesquels servir demeure plus fort que se servir.
Bravo à ces enseignants qui, ce matin, ont accompagné cette cérémonie avec leurs élèves, bravo aux élus du Conseil Municipal des Jeunes qui ont choisi et lu les paroles de nos anciens, bravo aux nombreuses personnes présentes.
Tous ont tenu à montrer leur respect, non pas envers des soldats victorieux mais envers ceux qui bon gré, mal gré, ont lutté pour que nous puissions croire que ce que des hommes ont détruit d’autres hommes peuvent le reconstruire….
Je veux croire que, lors de la minute de silence, c’est ce respect pour les braves d’hier et d’aujourd’hui qui s’est imposé.
Écrit par : Alain Valeau | 14/11/2010
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